Le bilan de compétences en sursis : un choix de société
Ces dernières semaines, une petite bombe a secoué le monde de la formation professionnelle : le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoit d’exclure les bilans de compétences du financement par le Compte Personnel de Formation (CPF).
Une ligne budgétaire, quelques mots dans un article de loi, et c’est tout un pan de la transition professionnelle qui risque de disparaître.
Regardez notre vidéo sur le sujet
Un dispositif utile, remis en question
Le bilan de compétences, ce n’est pas juste un rendez-vous RH ou une formalité de carrière. C’est souvent un moment de respiration avec un conseiller professionnel et neutre.
Un espace où l’on prend le temps de comprendre ce que l’on veut, ce que l’on vaut, et ce qu’on peut construire pour la suite.
Depuis plusieurs années, l’État lui-même avait encadré et renforcé ce dispositif :
- en réglementant sa pratique (articles R6313-4 à R6313-8 du Code du travail) ;
- en imposant la certification Qualiopi pour garantir la qualité ;
- en intégrant les organismes dans la plateforme EDOF ;
- et plus récemment, en instaurant un reste à charge (102,23 € à ce jour).
Mais aujourd’hui, pour des raisons budgétaires, le gouvernement envisage de le sortir complètement du CPF.
Autrement dit, le rendre inaccessible à une grande partie des actifs, pour qui ce financement représentait la seule possibilité de s’offrir un accompagnement de ce type.
Une décision qui dépasse la question budgétaire
Cette mesure s’inscrit dans une série de coupes qui touchent l’ensemble du secteur : baisse du budget de l’apprentissage, fin de l’aide au permis pour les apprentis, -48,6 % pour la formation des demandeurs d’emploi…
Autant de signaux qui interrogent sur la place qu’occupe encore la formation dans les priorités publiques.
Car au moment même où les métiers se transforment à grande vitesse — transition écologique, numérique, IA, reconversions massives — couper les leviers d’accompagnement semble aller à contre-sens.
Le bilan de compétences : un outil plébiscité
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
En 2024, les bilans de compétences ne représentaient que 5,9 % des dossiers CPF, pour 7,4 % des fonds dépensés. Autant dire que ce dispositif ne « siphonne » pas les budgets.
Et pourtant :
- 89 % des bénéficiaires se disent satisfaits (enquête Harris 2025),
- 81 % ont atteint leurs objectifs,
- 57 % ont vu leur situation professionnelle s’améliorer.
Derrière ces pourcentages, il y a des histoires :
Des salariés qui ont évité un burn-out, des indépendants qui ont redonné du sens à leur activité, des parents qui ont trouvé un nouvel équilibre de vie, des seniors qui ont osé une reconversion.
Ce sont ces histoires-là qu’on risque de ne plus entendre.
Quand on ne sait pas ce qu’on veut, on reste figé
Sans le soutien du CPF, le bilan de compétences restera possible, bien sûr.
Mais il ne sera plus accessible à tous.
Il redeviendra un service réservé à ceux qui peuvent se le permettre, alors qu’il avait justement été pensé comme un outil d’égalité des chances dans la gestion des parcours professionnels.
Et quand on ne sait plus ce qu’on veut, ni ce qu’on vaut, on finit souvent par rester figé, à subir, à s’épuiser.
C’est cela que les acteurs du secteur — fédérations, syndicats, entreprises, indépendants — cherchent à éviter.
Ils demandent non pas la suppression, mais une régulation, une amélioration continue du dispositif.
Parce que ce n’est pas en supprimant les outils qu’on économise de l’intelligence humaine.
Une mobilisation en cours
Une pétition circule aujourd’hui pour demander le retrait de l’article 81 du PLF 2026.
Les signataires ne défendent pas un marché, mais une possibilité : celle, pour chacun, de faire un point dans sa vie professionnelle, de se réaligner, de se réinventer.
Parce que se former, c’est bien.
Mais encore faut-il savoir vers quoi aller.
Et c’est exactement ce que permet le bilan de compétences.
→ Pour soutenir la mobilisation, la pétition est accessible [ici]
Parce qu’au fond, défendre le bilan de compétences, c’est défendre la liberté de choisir son chemin.
On vous a donné envie de faire un bilan de compétences ? Alors prenez rendez-vous avez nous !
Faites le point gratuitement